The Wonderful Word

Salwan Momika, tué au nom de l’Islam

Nous aurions tort de croire que Salwan Momika a brûlé le Coran par pure provocation. Ce serait l’erreur de ceux ne comprennant plus rien à la puissance du geste, et qui n’y verrait qu’un incident de plus dans le flux continu des indignations connectées. En réalité, Momika n’a pas profané par plaisir, ni même par haine, mais par nécessité. Et c’est là que réside toute la grandeur tragique de son acte.

Il fallait que ce geste, dont la seule alternative était l’effacement, ait lieu.

Entre l’avancée menaçante de l’islam totalitaire, pétri de la haine du doute, de la femme, du jeu, de l’art et un occident ricanant, ivre de tolérance molle, qui a tout remplacé — Dieu, l’Histoire, la Vérité — par des abonnements illimités à Netflix, des slogans égalitaires, et des formations à la gestion bienveillante des émotions, ce militant irakien, réfugié d’une barbarie qui le haïssait, recueilli par une civilisation qui l’ignorait, a osé se positionner.

Salwan Momika
-Salwan Momika en 2023-

Il a brûlé un symbole sacré, ce n’était pas une insulte mais un cri désespéré, un refus de sombrer dans le double néant.

Et il fallait que ce soit ce livre-là. Non parce qu’il est pire qu’un autre, mais parce qu’il est aujourd’hui intouchable, devenu le cœur nucléaire du nouveau consensus moral : intolérable à critiquer, même dans les terres de la libre pensée. Profaner le Coran, aujourd’hui, ce n’est pas insulter une foi : c’est frapper au centre d’un tabou contemporain.

Salwan Momika n’est pas un héros. C’est un sacrifié qui n’a sauvé personne, mais qui a tout perdu pour affirmer qu’il y a encore des choses qui doivent pouvoir être dites. Et sa mort, aujourd’hui, dans un silence presque parfait, en dit plus long que tous les discours. Elle prouve que ce qu’il a touché était réellement sacré — non par essence, mais par peur sociale.

Salwan Momika est mort. Il ne nous reste que son geste.

Et c’est pour cela qu’il faut le défendre : parce que la profanation est peut-être, aujourd’hui, la dernière forme d’espérance. (sic)

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