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Critique de l’Islam : cette femme est toujours menacée de mort

Ayaan Hirsi Ali est une figure incontournable dans le débat mondial sur l’islamisme et les droits des femmes. D’origine somalienne, cette militante, écrivain et ancienne parlementaire néerlandaise est connue pour ses critiques virulentes contre l’islam radical et son engagement en faveur de la liberté d’expression, des droits des femmes et de la réforme religieuse. À travers ses écrits et ses interventions publiques, Hirsi Ali mène une bataille contre l’extrémisme islamiste, en défendant les droits humains universels et en dénonçant les pratiques oppressives issues de certaines interprétations de l’islam.

Dans cet article, nous allons explorer son parcours, ses prises de position, et son combat acharné contre l’islamisme.

Vous ne pourrez plus dire que vous ne connaissiez pas une des féministes les plus engagées !

1. Les origines de son engagement contre l’islamisme

Ayaan Hirsi Ali est née en 1969 à Mogadiscio, en Somalie, dans une famille musulmane traditionnelle. Durant son enfance, elle a vécu dans plusieurs pays, notamment en Arabie saoudite, en Éthiopie et au Kenya. Son expérience personnelle de l’islam, les pratiques culturelles et religieuses restrictives, comme l’excision qu’elle a subie à un jeune âge, ont marqué le début de sa réflexion sur les droits des femmes et l’islam.

C’est la grand-mère maternelle d’Ayaan qui sera à l’origine de son excision, contre l’avis de ses parents.

La scène qu’elle décrit dans son livre Ma Vie Rebelle est une véritable boucherie à la limite du soutenable.

En Somalie, comme dans beaucoup d’autres pays d’Afrique et du Moyen-Orient, on “purifie” les petites filles en leur coupant les organes génitaux. Il n’y a pas d’autre façon de décrire cette opération, pratiquée en général autour du cinquième anniversaire. Une fois le clitoris coupé et les lèvres du sexe tranchées ou arasées – dans certaines régions on se contente par compassion, de les taillader ou de les piquer -, toute la zone est souvent cousue, de manière que la peau sacrifiée de la petite fille forme, en cicatrisant, une épaisse ceinture de chasteté. On laisse juste un petit trou pour permettre à l’urine de s’écouler. Seule une pénétration violente peut déchirer la cicatrice ; c’est ce qui se produit lors de la première relation sexuelle. La mutilation génitale des femmes est antérieure à l’islam. Aujourd’hui elle est pratiquée dans quelques communautés non musulmanes et ignorée par certains peuples musulmans. Pourtant, dans un pays comme la Somalie où presque aucune fille n’y échappe, l’excision est systématiquement pratiquée au nom de l’Islam. Une fille non excisée sera possédée par les démons, elle succombera au vice et deviendra une âme damnée et une prostituée. Les imams ne déconseillent jamais cette pratique : grâce à elle, les filles restent pures. Beaucoup de fillettes meurent de l’excision, ou des infections qu’elle provoque. D’autres complications peuvent laisser des séquelles énormes, parfois définitives.

Ma Vie Rebelle, Ayaan Hirsi Ali, 2006

Fuyant un mariage arrangé, Hirsi Ali a demandé l’asile aux Pays-Bas en 1992. Une fois sur place, elle a étudié les sciences politiques et a commencé à s’investir dans la vie publique. Son expérience personnelle du traitement des femmes dans les sociétés islamistes a façonné ses positions critiques sur les aspects les plus rigides de l’islam et de la charia, qu’elle perçoit comme des obstacles aux droits des femmes et à la liberté individuelle.

islam

Je crois que je dois mon salut aux romans et à l’absence de mon père qui m’a fait prendre conscience de l’impuissance de ma mère seule. Ce sont surement ces facteurs combinés au fait que je vivais, à l’époque, dans un pays non musulman, qui m’ont préservée de la soumission. J’étais jeune, mais les graines de ma révolte étaient déjà semées.

Ma Vie Rebelle, Ayaan Hirsi Ali, 2006

2. Son combat contre l’islamisme

Ayaan Hirsi Ali a alors acquis une notoriété internationale pour ses critiques acerbes contre l’islamisme. Elle s’attaque particulièrement aux idéologies islamistes qui prônent la violence, la soumission des femmes et l’opposition aux valeurs démocratiques et aux droits humains.

L’islamisme, pour Hirsi Ali, n’est pas seulement un problème religieux, mais une idéologie politique totalitaire qui menace les sociétés occidentales et les droits fondamentaux des individus, en particulier ceux des femmes. Elle estime que la tolérance excessive envers l’islamisme dans certaines sociétés occidentales permet à ces idéologies de s’enraciner, sapant ainsi les libertés civiles et promouvant la ségrégation sociale.

Dans ses ouvrages comme Infidèle et Nomade, elle décrit la manière dont certaines interprétations de l’islam maintiennent les femmes dans une position subordonnée et cautionnent des pratiques telles que les mariages forcés, les mutilations génitales féminines et la violence domestique. Elle plaide pour une réforme radicale de l’islam afin d’éliminer ces pratiques et de promouvoir les droits des femmes.

3. La liberté d’expression et la sécurité

L’une des grandes batailles d’Ayaan Hirsi Ali est la défense de la liberté d’expression face à l’islamisme. Elle a coécrit avec le réalisateur Theo van Gogh le court-métrage Soumission, qui dénonçait les violences faites aux femmes dans certains contextes islamiques. Après l’assassinat brutal de van Gogh en 2004 par un extrémiste islamiste, Hirsi Ali a reçu de nombreuses menaces de mort et vit depuis sous protection constante. Huit balles atteindront le réalisateur, avant que l’homme ne l’égorge. Il lui plante ensuite deux couteaux dans la poitrine dont l’un porte sur la garde une lettre adressée à Ayaan Hirsi Ali.

Ce tragique événement a mis en lumière la nécessité, de combattre l’islamisme sans céder aux menaces et à la censure. Elle défend fermement le droit de critiquer toutes les religions et idéologies, y compris l’islam, estimant que cela fait partie intégrante des sociétés libres et démocratiques. Pour elle, l’autocensure en raison de la peur des représailles islamistes menace les principes de liberté d’expression et freine la lutte pour les droits humains universels.

4. Les droits des femmes : un enjeu central

Le combat d’Ayaan Hirsi Ali est avant tout axé sur la défense des droits des femmes, en particulier celles vivant sous des régimes islamistes ou dans des communautés fortement influencées par l’islam radical. Elle dénonce les lois et les coutumes discriminatoires à l’égard des femmes, telles que le port obligatoire du voile, la polygamie, les mariages d’enfants et les violences domestiques, qu’elle considère comme des violations flagrantes des droits humains.

Elle plaide également pour une meilleure intégration des femmes immigrées dans les sociétés occidentales, en insistant sur l’importance de l’éducation et de l’émancipation. Selon elle, les femmes des communautés musulmanes en Occident sont souvent victimes de double discrimination : d’une part, par les pratiques patriarcales issues de leurs cultures d’origine, et d’autre part, par un manque d’attention et de soutien de la part des gouvernements et des organisations de défense des droits humains.

5. La réforme de l’islam : une vision controversée

Ayaan Hirsi Ali appelle à une réforme profonde de l’islam, un point de vue qui suscite à la fois des soutiens et des critiques. Elle estime que certaines interprétations des textes islamiques, notamment celles qui justifient la violence ou l’inégalité entre les sexes, doivent être révisées pour permettre à l’islam de s’adapter aux valeurs modernes de liberté, d’égalité et de droits humains.

Cependant, ses critiques de l’islam en tant que religion et ses appels à une réforme ont également attiré des oppositions, y compris au sein de la communauté musulmane modérée. Certains la considèrent comme trop radicale dans ses positions, tandis que d’autres saluent son courage et son engagement à dénoncer les dérives islamistes.

Cela fait 20 ans qu’Ayaan Hirsi Ali risque sa vie quotidiennement pour avoir oser critiquer l’Islam. Or le droit de critiquer les religions et leurs dogmes est un droit essentiel, comme la liberté d’expression, indispensable à l’existence de toute démocratie.

C’est probablement l’une des premières femmes noire, ancienne membre des frères musulmans, originaire d’Afrique, à exprimer de façon aussi publique des critiques contre l’Islam. Ses publications et prises de position font cependant peser sur elle une menace trop importante, elle quitte les Pays Bas en 2007 pour les USA afin de bénéficier d’une protection policière. Citoyenne américaine depuis 2013, elle est associée de recherche dans plusieurs universités et anime un podcast.

Ayaan Hirsi Ali incarne un combat passionné et courageux contre l’islamisme et en faveur des droits des femmes et de la liberté d’expression. À travers ses écrits, ses prises de parole publiques et son activisme, elle défie les idéologies extrémistes et appelle à une réforme de l’islam pour promouvoir les droits humains et l’égalité des sexes. Bien que ses positions soient parfois controversées, elle reste une voix essentielle dans le débat sur l’islamisme et les droits des femmes, offrant une perspective unique issue de son vécu personnel et de son engagement politique.

Une chose est sûre: tant que l’occident fermera les yeux sur l’oppression des peuples en Islam, tant que l’occident intégrera les discours anticolonialistes pour s’empêcher d’avoir un regard lucide sur l’Islam, tant que l’occident pensera que le terrorisme n’a absolument rien à avoir avec l’Islam, alors les peuples musulmans resteront oppressés, les salafistes pourront prêcher tranquillement, des musulmans pourront continuer à jouer les victimes et l’Europe pourra se couvrir de voiles grâce aux fonds européens.

Ayaan Hirsi Ali.

LES INDISPENSABLES A LIRE


Ma Vie Rebelle, paru en 2006.

Insoumise, 2006

Heretic : Why Islam needs a reformation now, 2015

EXTRAITS

Chaque fille se vantait d’être cousue plus serré que les autres, ce qui la rendait plus pure, doublement virginale. Jawahir, surtout, était très fière de sa circoncision - elle en parlait sans cesse. “Tu vois la paume de ma main ? disait-elle. C’est comme ça sur moi. Plat. Fermé.” Un jour, en parlant d’une autre fille qu’elle n’aimait pas, elle m’avait dit : “Celle-là, il suffit de l’entendre faire pipi pour savoir qu’elle n’est pas vierge. Elle ne goutte pas, elle urine fort, comme un homme.”
Le modèle est la femme Baarri : une sorte d’esclave pieuse au service de sa famille : "Elle honore la famille de son mari et la nourrit sans rechigner ni poser de questions. Jamais elle ne se plaint, jamais elle ne réclame quoi que ce soit. Elle est forte mais courbe l’échine. Si son mari est cruel, s’il la viole et se moque d’elle ensuite, s’il décide de prendre une autre épouse, s’il la bat, elle détourne les yeux et dissimule ses larmes. Et elle travaille dur. Elle n’a pas le droit à l’erreur. Bête de somme bien dressée, dévouée, accueillante et docile, telle est la femme baarri."
Si dans cette lutte pour atteindre la perfection, vous vous sentez malheureuse, humiliée, épuisée ou perpétuellement exploitée, vous ne le laissez pas voir. Si vous rêvez d’amour et de réconfort, vous priez Allah en silence pour qu’Il rende votre époux plus supportable. La prière est votre force. Les mères nomades doivent inculquer à leurs filles cette soumission et cette force appelées baarri.
Sans une réforme radicale de ses préceptes, l'Islam continuera à être utilisé pour oppresser les femmes, abrutir les conscience, priver les peuples de liberté.”
Si nous, qui avons grandi dans l'Islam, nous trouvons le courage d'affronter la réalité des horreurs que justifie notre religion, nous pouvons changer notre destin.
On me dit que "Submission" est un film trop agressif. Que les musulmans souffrent de cette critique. Combien plus grande est la souffrance de ces femmes, enfermées dans cette cage ?
(...) la peut d'offenser entretient l'injustice et la souffrance.

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