The Wonderful Word

J’accuse 2023

La société politique contemporaine : une machine à désespérer les hommes.” disait Camus.

Il est de ces moments dans une carrière politique, où l’homo politicus se doit de faire face à son destin et plus que tout, au destin de son pays en se montrant à la hauteur des enjeux.

Novembre 2023, l’histoire retiendra une période tragique, de renoncement et de lâcheté politique. Je pense aux futurs livres d’histoire et mon cœur se sert devant la division, le sectarisme, le relativisme, l’indignation sélective, le manque de courage et le calcul politique.

Nous avons une fois de plus la preuve, si tant est qu’il en fallait encore une, que la classe politique française n’est pas à la hauteur. Ce que je redoute et dénonce depuis maintenant quinze ans, cette mise en exergue permanente des différences entre les gens, n’est pas loin d’atteindre son paroxysme.

Dimanche 12 novembre aura lieu la marche nationale contre l’antisémitisme. D’où certaines personnes seront exclues. Oui, vous avez bien lu. Les prises de paroles totalement puériles des différents politiques et commentateurs sont déconcertantes.

Alors que nombres de citoyens vivent aujourd’hui dans la peur et devant le danger de l’histoire qui se rapproche à grand pas, la dignité nous obligerait à un puissant appel à l’union nationale, par delà toutes les différences, contradictions et désaccords.

Chers élu(e)s, ne vous étonnez plus de la désertion des isoloirs, de l’obscurantisme grandissant, de l’antisémitisme décomplexé, du culte de la médiocrité dans lequel vous nous emportez tous, tout cela en raison d’obscures et effrayantes considérations égotistes.

Comment en sommes-nous arrivés là? 

Cette question obsède, les larmes montent et me reviennent en mémoire les mots d’Emile Zola :

Je me doute de l’écroulement qui doit avoir lieu dans votre âme Mesdames et Messieurs les élus de la République Française, et je crois bien que vous finirez par éprouver un remords, celui de n’avoir pas agi pour l’unité des hommes.

Telle est donc la simple vérité, Mesdames et Messieurs les élus, et elle est effroyable, elle restera pour votre carrière une souillure. Je me doute bien que vous n’avez aucune lucidité sur cet enjeu, que vous êtes prisonniers de vos idéologies, de vos entourage et vos électeurs. Vous n’en avez pas moins un devoir d’Homme et de Femmes.

J’accuse élus, femmes et hommes politiques de la république française de :

  • de s’être rendus coupables de ce crime de lèse-humanité et de lèse-laïcité, dans un but politique et pour compromis.
  • de promouvoir l’obscurantisme, la violence, le désamour, la complaisance, l’instrumentalisation au détriment des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui cristallisent l’équilibre démocratique du pays.

Quant à ces gens que j’accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance nationale. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen désespérés de faire émerger un élan de communion nationale.

Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme.*

Auriez-vous oublié, chers élu(e)s, le tragique de l’histoire ?

Du courage, devant tous les actes qui sont autant d’atteintes à la démocratie, à la liberté, à l’égalité et à la fraternité. 

Ne pas baisser les bras devant l’obscurantisme, le racisme et le fascisme.

Nous sommes le pays des Lumières, par pitié, ne les laissons pas s’éteindre.

Ce blog culturel est une modeste pierre à ce noble édifice.

*Reprise et adaptation d’un extrait de la trame du puissant plaidoyer contre l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus développé par Emile Zola en 1898.

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